Travailler comme un gland


h1 12 mars 2006

J’ai, depuis quelques temps (mois ? années ??) cette oppressante impression d’une pression permanente… Stress dites-vous ? Il est vrai que deux boulots à 50%, ça frise le 150% au final. Surtout quand c’est “enseignant” et “programmeur indépendant qui lance sa petite boîte”… L’un comme l’autre sont des métiers qui ne sont pas avares en charge de travail. Heureusement, mon père, boureau de travail s’il en est, sait trouver les mots pour me réconforter :

Si ton labeur est dur,
Et si tes résultats sont minces,
Rappelle-toi qu’un jour

Le grand chêne

A été un gland comme toi…

Je trouve impressionant que le travail soit encore aussi valorisé, même, et parfois surtout dans ses excès les plus malsains. “Le travail c’est la santé”. Le travail comme raison de vivre ? Le problème, c’est qu’il est difficile d’avoir le choix. Certes il faut travailler pour vivre, paraît-il. Pour gagner sa vie, dit-on. Mais, comme disait l’autre, pourquoi “passer sa vie à la gagner” ? Notre modèle de société ultra-capitaliste impose un rythme de travail forcené, au service de sa majesté toute puissante : la croissance économique ! Alors même que nous n’avons jamais eu autant de possibilités de loisirs. Et comme il est difficile d’aller à contre courant ! Si dans l’enseignement, le travail à temps partiel est aujourd’hui tout à fait normal (encore que…), dans la majeure partie du monde du travail, c’est loin d’être le cas !

Un ami qui travaille à 80% chez Rolex, par choix, me racontait que sa situation était difficile à tenir. Regardé de travers au sein de l’entreprise, on lui demande régulièrement s’il ne veut pas passer à 100%, et pourquoi est-ce qu’il reste à 80%. Et, bien sûr, toute possibilité de promotion est innimaginable à temps partiel…

Jusqu’à quand va-t-on considérer que l’un des buts principaux de notre vie est de travailler ? Ou jusqu’à quand va-t-on croire que c’est un passage obligé vers le bonheur ? Et jusqu’à quand va-t-on voir ceux qui choisissent un autre mode de vie (pour autant que l’on puisse choisir…) comme des originaux ou des flemmards ? Apparement ce n’est pas près de changer, du moins dans une société qui considère encore l’intérêt de l’économie comme étant supérieur à celui des gens.

Deux autres amis, respectivement financier et avocat (oui, j’ai aussi des amis comme ça…) discutaient l’autre jour de leurs horaires de travail. Apparement, c’est “normal” de travailler 9 à 10 heures pas jour en moyenne… Petite estimation : 7h.30 au boulot, on n’en ressort que vers 19h., ayant pris une pause à midi. On rentre fatigué, et on repart le lendemain… et ça 5 jours sur 7. Si un horaire pareil peut convenir à un jeune célibataire, que se passe-t-il quand on a femme et enfants (ou mari et enfants…) ? Eh bien apparment, c’est “normal”. Si c’est effectivement “habituel”, peut-on dire pour autant que c’est “normal” ? Le travail ne devrait pas prendre la plus grande partie de notre temps.

PS : Et pour les mauvaises langues qui considèrent les enseignants comme des planqués qui se la coulent douce, sachez que dans mes deux jours à l’école, je fais régulièrement du 7h.30 - 18h.30, sans réelle pause de midi. Sans compter ce que je fais le week-end. Et je ne suis pas une exception…



Un commentaire pour “Travailler comme un gland”

  1. D’autant plus que ceux qui courrent et travaillent sans relâche pour toujours plus d’argent, y perdent généralement la santé, un bien pourtant inestimable, et tout ce qu’il y a de plus nécessaire pour vivre!




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