IVG - Impossibilité de Vérité Générale ?


h1 18 mars 2006

L’avortement me semblait être un acquis innamovible de notre société moderne, un peu comme ces thèmes de société qui ne sont remis en question que par une frange extrêmiste et fort heureusement minoritaire de la population. Ben faut croire que je me berce d’illusions… À moins que les USA ne puissent plus être considérés comme une société moderne. :???:

Dernièrement, le Dakota du Sud a signé une loi interdisant l’avortement, sauf en cas de danger pour la vie de la mère. Boum. Et apparement, ce n’est qu’un début, la droite chrétienne américaine ne compte pas s’arrêter là. On en reparlera de cette droite-là, tant elle me questionne. Mais pour ce billet, c’est plus la question de l’avortement qui m’intéresse.

Parce que pour le coup, on ne peut pas forcément se dire que ce délire ne concerne que les USA. Ici en Suisse, les antis IVG sont actifs également. Sous des airs d’organisme d’aide à la famille, la fondation ASME (aide suisse pour la mère et l’enfant) milite activement contre l’avortement. Je viens de lire un article (”Bon à savoir” n°3, mars 2006) révélant que cette association ultraconservatrice trouve un écho auprès des assurances maladies !

Concordia, Intras, Provita et CPT proposent un rabais sur leurs complémentaires aux assurés qui renoncent, entre autres, à l’avortement et aux diagnostics prénataux.

L’idée de ces “défenseurs de la vie” peut paraître noble : ils considèrent que le foetus est un être vivant, dès la conception, et que, partant de là, l’IVG n’est rien de moins qu’un meurtre. Face à eux, des femmes violées tombées enceinte, des futures mères qui n’ont jamais voulu l’être et seraient incapables d’assumer, des foetus malades ou malformés qui ont une espérance de vie misérable, bref, mille et une situations particulières qui, toutes, posent la même cruelle question : faut-il vraiment défendre la vie à tout prix ?

Car derrière la bataille sur la définition de la vie (où commence-t-elle ? à la naissance ? à 3 mois de grossesse ? dès la première mitose ?), il y a le problème de la vie, celle que peut espérer mener chacun de ces bébés. Qu’est-ce qui est le plus cruel ? Avorter ou faire naître un bébé qui ne vivra pas longtemps, ou dans une douleur permanente, ou que sais-je ?

Encore une de ces questions qui ne peut se discuter sérieusement que lorsqu’on les vit. Ou alors un coude sur le bar, mais juste pour mettre l’ambience, sans aller voter après… Une fille de mon entourage proche a mis au monde récemment un bébé qui a une insuffisance rénale. La galère… Les premiers mois à l’hôpital en soins intensifs, et aujourd’hui une grosse machine à la maison pour faire une dialyse toutes les nuits. Et tout ça sans savoir comment ça va évoluer sur le long terme.

Lorsque l’on m’a annoncé ça, je me suis demandé comment je réagirais, si l’idée que ça ne vaut pas la peine ne m’effleurerait pas l’esprit. Et puis je l’ai vu, ce bébé. Et là plus de question, plus de doute, et même un peu la honte d’y avoir seulement songé de manière interrogative. Comment ai-je pu me demander une demi seconde si ce bébé n’aurait pas mieux fait de ne pas naître ? :oops:

Mais alors… Dans quel cas un avortement se justifie-t-il ? :neutral: Encore une de ces questions sans réponse universelle ?



2 commentaires pour “IVG - Impossibilité de Vérité Générale ?”

  1. Je crois effectivement qu’il s’agit là d’une question qui ne peut se discuter sérieusement que lorsqu’on la vit. Pour le reste ce ne sont que de belles et grandes théories…


  2. Vouais pas évident comme tu le dis. J’ai connu des trisomiques : attachants. Affectueux. Intéressants. Dans un sens parfois plus humains que certains de nous “normaux”. Et pourtant ça doit être un sacré coup dur quand tu apprends ça…
    Quant à l’IVG en général, bien compliqué : tout dépend où l’on situe le début de la vie : à 1h, à 1jour, à 3 mois, à neuf mois, à 3 jours après la naissance ? Comment savoir ?! De cette réponse dépend la suivante…




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